L’ergonomie et le design émotionnel.

Vénus et le nombre d'or

Botticelli et le nombre d’or

Le design émotionnel se définit généralement comme un moyen de  faire transparaître l’humanité et la personnalité des concepteurs à travers l’interface et le design d’une application. Basé sur les sciences comportementales, le design émotionnel  permet  surtout d’engager les utilisateurs dans l’utilisation, l’acceptation et la compréhension d’une application.

On y retrouve ainsi différents concept issus de la psychologie, des sciences cognitives et du design. En voici 3 exemples parmi les plus connus :

  • Le nombre d’or : c’est le ratio entre 2 éléments d’un même ensemble qui équivaut à environ 0.618. On dit que ce ratio se retrouve dans la nature, l’architecture, des applications web, les premiers Ipod, etc.  Le cerveau humain reconnait inconsciemment ce ratio, ce qui provoque une meilleure appétence vers les « design » basés sur le nombre d’or.  Il existe même un site très détaillé à la « gloire » de ce « golden number« 

  • La théorie de l’engagement : cette théorie propose plusieurs modèles (ou techniques) d’engrenage comportemental qui favorisent la prise de décision d’un acteur lorsque celui-ci est soumis à un enchainement de stimuli adéquat. (voir l’excellent «  Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » de Beauvois et Joule).  Par exemple, la technique du  pied-dans-la-porte consiste à obtenir un comportement peu coûteux avant de demander à une personne de faire quelque chose qu’elle aurait probablement refusé si on le lui avait demandé directement (dixit Wikipédia).  Généralement, sur un site de vente en ligne, on peut proposer à l’utilisateur de choisir son achat avant de l’obliger à s’inscrire sur le site pour pouvoir payer.

  • Le conditionnement opérant : c’est un concept issu des théories comportementaliste. Il est développé par BF Skinner dès les années 1920. Ce concept consiste à favoriser ou à supprimer un comportement en le faisant suivre d’une récompense ou d’une réprimande.  Dans le design d’interface, le concept récent  de « Gamification » se base beaucoup sur ces théories. Il consiste à mettre en place des processus de jeux comme le « leveling » et  le système de « badge » pour récompenser l’utilisateur/joueur.  Linkedin propose des processus de ce type en indiquant à ses utilisateurs le pourcentage de complétude de leur profil.

Ces concepts (et bien d’autres) peuvent être intégrés  dans tous types de logiciel. La prise en compte de ces dimensions émotionnelles va  favoriser l’adhésion de l’utilisateur et la réutilisation de l’application. Pour des progiciels, cela favorisera l’acceptation d’un outil et rendra l’activité plus agréable.

L’intervention d’un ergonome va faciliter la mise en place de ces  techniques  issues  du design émotionnel. Grâce à leur background en sciences sociales et en sciences cognitives,  les ergonomes sont force de proposition pour des solutions de design basées sur ces processus comportementaux. De plus, ils évalueront la validité des processus tout au long du cycle de conception. Par exemple, ils pourront organiser des tests utilisateurs pour valider les concepts implémentés.

Un livre récent vous permettra d’approfondir ce concept : « Design Émotionnel » aux éditions Eyrolles,  de  Aaron Walter.

Pourquoi cette note : notre équipe est composée d’ergonomes possédant des compétences en  psychologie, sociologie et sciences cognitives. Cette expertise permet à nos clients de bénéficier de conseils basés sur des théories et concepts reconnus scientifiquement pour améliorer l’utilisation de leur application. Alors pourquoi ne pas essayer d’intégrer ces concepts à vos projets ?

Publié dans méthode, Recherche
3 commentaires pour “L’ergonomie et le design émotionnel.
  1. Bruno Bichet dit :

    Bonjour, merci pour la mention de mon site (sur le nombre d’or). Juste un mot pour vous signaler une petite coquille sur le rapport du nombre d’Or : 1,618 au lieu de 0,618

    • Multicom dit :

      Bonjour et merci pour ce retour, ce n’est pas vraiment une coquille car les 2 rapports fonctionnent.
      Dans un des exemples de votre article vous utilisez le rapport 450/1.618 = 278. Et, il est possible d’utiliser également le rapport 450 x 0.618 = 278.

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