Retour sur Interaction14 – Journée 2

La semaine dernière, notre collègue Maxime Fortelle a participé à la conférence Interaction14. Sur le thème du langage du design d’interaction, cette conférence nous a proposé un panel assez large de ce qui se faisait dans le domaine du design d’interaction et de l’expérience utilisateur (UX). Proposé par l’association IxDA, son but est de réunir les designers de tous pays pour échanger méthodes et bonnes pratiques.

Afin de vous faire partager son expérience, Multicom vous proposera une série d’articles présentant la conférence :

Yoga et Design

La journée s’est ouverte par un cours de Yoga ouvert à 800 participants. Irene Au nous a gratifié de son expérience pour nous expliquer ce que pouvait apporter la pratique du Yoga pour un designer.
Les mots clefs de cette conférence étaient « Mindfulness » et « Empathy« .

Pour « Mindfulness », littéralement « pleine conscience », Irene Au a invité les designers à prendre conscience de leur potentiel de créativité. Pour l’atteindre, la pratique du Yoga est un atout car elle permet d’être à l’écoute de son corps et de pouvoir s’ouvrir plus facilement à la nouveauté. Dans des cycles de travail stressant,  cette ouverture d’esprit est un élément moteur pour le designer. Elle lui permet d’être apaisé et donc plus créatif.
Pour « Empathy », elle mit en avant l’importance des utilisateurs et de leur collaboration dans un projet.
Pour résumé, le yoga est un outil qui permet aux designers d’ouvrir leur esprit vers l’extérieur (utilisateur, collègue, innovation) tout en prenant conscience de leur potentiel créatif et relationnel.

Keynote Irene Au- Interaction14 from Interaction Design Association on Vimeo.

Interface textile et VUI

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Concernant les interfaces « textile », Svenja Keune a présenté son travail de création artistique mêlant textile et nouvelle technologie. Ce fut pour nous, la plus étonnante présentation de la conférence, une expérience artistique intéressante. En vrac, Svenja nous a présenté deux séances de psychanalyse : celle d’une paire de chaussures et celle d’une télévision. Puis, nous a montré son projet « Emotional Dialogue » qui met en avant les propriétés émotionnelles du textile.
La matinée s’est poursuivie avec les bonnes pratiques concernant la réalisation et l’évangélisation pour la conception des interfaces vocales (VUI) par Stephen Gay et Susan Hura. Après une synthèse sur les théories de la communication, les orateurs nous ont présenté les différents types d’interface vocales :
  1. La secrétaire qui réécrit ce que l’on lui dit et reconnait qui lui parle.
  2. Le coursier qui exécute des tâche simple.
  3. L‘assistant qui répond et amène son intelligence.

« Evangelizing and Designing Voice User Interface: Adopting VUI in a GUI world » Stephen Gay & Susan Hura from Interaction Design Association on Vimeo.

Ces trois types d’interface nécessitent la mise en place d’un processus de conception centrée utilisateur dans la mesure où l’expérience est importante car :

  • Les VUI font travailler la mémoire de travail. Il faut donc que les utilisateurs puissent se souvenir des commandes.
  • Les réponses doivent être adaptées aux contextes de travail de l’utilisateur
  • La VUI doit être perçue comme un système, et non comme un « faux » humain.
  • Elle doit être multimodale pour permettre des retours : visuel, haptique, sonore, etc.
  •  La VUI doit gérer les tours de parole.

Performance et Vie privée

Pour débuter l’après midi, Christina Wodtke, ancienne employée de Google, Yahoo, Zynga et Linkedin ( Quel CV !),  nous a présenté ses trucs et astuces pour gérer des projets professionnels. Son expérience dans ces sociétés lui a permis d’utiliser différents outils organisationnels qu’elle a intégrés à son mode de fonctionnement personnel.

Elle a ainsi introduit  l’outil OKR : Objectives ( le rêve) Key Results ( les tâches pour y arriver).  Cet outil permet de toujours avoir en tête son projet idéal, mais de rester concentré sur les tâches permettant d’y arriver. Christina explique l’importance de pouvoir définir et séquencer un objectif. D’ailleurs pour elle, ce type d’outil peut très bien s’adapter à la vie personnelle, pour améliorer sa qualité de vie par exemple.

« The Executioner’s Tale » Christina Wodtke-Interaction14 from Interaction Design Association on Vimeo.

La conférence suivante a porté sur l’intégration des notions de « vie privée » dans les produits numériques. Amber Case nous a parlé des bonnes pratiques pour un design plus respectueux de la vie privée des utilisateurs, et de ceux qui y sont exposés. L’avènement des Google Glass pose en effet la question de l’enregistrement en continue de sa vie, et de son influence sur ses utilisateurs.  Porter ces lunettes change le comportement des gens avec qui l’on interagit.

Ce nouveau type de périphérique apparaît comme un signe ostentatoire qui inhibe l’interaction du fait de la présomption d’un enregistrement continue. D’ailleurs, Amber Case conseille de porter les Google Glass comme un serre-tête pour avoir une conversation normale avec un humain.

A contrario de cette technologie, le projet  « Narrative » nous a été présenté. C’est une caméra  qui ressemble à un bijou et qui enregistre ce qui va se présenter devant l’utilisateur. On reste dans un concept d’enregistrement en continue et à l’insu des personnes, mais l’objet n’est pas ostentatoire et connecté au réseau. Il a donc une notion plus personnel et n’entrave pas la communication. Il peut donc être vu comme un exemple de bonne pratique.
Suite à ces réflexion sur le design d’objet numérique, Amber Case a porté le débat sur les bonnes pratiques concernant la gestion des données personnels dans des services numériques proposant entre autres de :
  • Présenter et accéder aux contacts de la société
  • Présenter les données qui sont recueillis
  • Préciser pourquoi ces données sont utilisées
  • Indiquer les données qui sont exposées à des logiciels tiers
  • Rediriger les utilisateurs vers les lois sur l’utilisation des données
  • Indiquer clairement comment supprimer les données.
Pour finir, le projet Indieweb a été présenté. Il promeut la neutralité du web et une gestion transparente pour les données des utilisateurs.

Dés-intellectualiser le design

La conclusion de journée fut apportée par Daniel Rosenberg. Dans un exposé très polémique, il a démontré que le design courait à sa perte du fait d’une certaine dés-intellectualisation des pratiques.
Mais comme pourrait le dire Scott McCloud, ce « sketchnote » de Chris Noessel vaut mille mots.
Cette journée était sous le signe de la pensée créative et des bonnes pratiques de conception. Elle a également permis d’entendre plusieurs voix concernant le design d’interaction.
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